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Mission G2 AVP : contenu, prix et différence avec la G2 PRO

Par Noé Demazy · publié le

Avant de dimensionner des fondations, il faut connaître le sol qui les portera : c’est l’objet de la mission G2 AVP, l’étude géotechnique de conception en phase avant-projet. Commandée par le maître d’ouvrage, encadrée par la norme NF P94-500, elle est devenue un passage quasi systématique des projets de construction — et, dans les zones argileuses, une exigence de la loi ELAN. Ce guide répond aux questions qui reviennent le plus : ce que contient une G2 AVP, ce qui la distingue de la G2 PRO, qui la commande, qui la paie, et les fourchettes de prix constatées.

Qu’est-ce que la mission G2 AVP ?

La G2 AVP est la phase avant-projet de l’étude géotechnique de conception (mission G2, norme NF P94-500) : elle établit le modèle géotechnique du terrain, compare les principes constructifs envisageables et en donne une ébauche dimensionnelle.

Dans l’enchaînement des missions géotechniques G1 à G5, la G2 succède à l’étude préalable G1 et se déroule en trois phases : AVP (avant-projet), PRO (projet) puis DCE/ACT (consultation des entreprises). La G2 AVP intervient typiquement pendant la conception, avant le dépôt du permis de construire : c’est elle qui oriente les choix structurels du projet — type de fondations, soutènements, gestion de l’eau — pendant qu’il est encore temps de les ajuster.

Que contient une étude G2 AVP ?

Le rapport de G2 AVP livre un modèle géotechnique du site, les hypothèses retenues, les principes de construction envisageables et une ébauche dimensionnelle par type d’ouvrage, accompagnés d’une première approche des sujétions d’exécution.

Concrètement, la mission articule deux volets :

  • L’enquête et les investigations. Le géotechnicien exploite l’étude G1 lorsqu’elle existe et le contexte documentaire du site (géologie, aléas recensés, historique), puis mène une campagne de reconnaissance adaptée au projet : sondages, essais in situ (pénétromètre, pressiomètre…) et essais de laboratoire selon les besoins.
  • L’ingénierie. À partir de ces données, il construit le modèle géotechnique, identifie les risques (argiles sensibles au retrait-gonflement, remblais, nappe, cavités…), compare les principes constructifs possibles — fondations superficielles, semi-profondes ou profondes, dallage ou plancher porté, soutènements — et en donne une ébauche dimensionnelle avec les premières estimations.

Le livrable est un rapport d’étude géotechnique de conception phase AVP, dont la structure suit la norme : contexte, investigations, modèle, principes constructifs et ébauche dimensionnelle, limites de validité.

Quelle différence entre G2 AVP et G2 PRO ?

La G2 AVP compare plusieurs solutions géotechniques possibles et en donne une ébauche dimensionnelle, au stade de l’avant-projet. La G2 PRO retient la solution définitive et la justifie par des notes de calcul précises, directement exploitables pour l’exécution.

G2 AVP G2 PRO
Moment Avant-projet, généralement avant le permis de construire Projet arrêté, avant consultation des entreprises
Objet Comparer les principes constructifs envisageables Retenir et justifier la solution définitive
Livrables Modèle géotechnique, hypothèses, ébauche dimensionnelle Notes de calcul, dimensionnement, valeurs seuils, approche des quantités
Usage Orienter la conception et les estimations Servir de base au chiffrage et à l’exécution

Les deux phases sont complémentaires : construire sur la seule base d’une G2 AVP revient à exécuter une ébauche. C’est la G2 PRO qui produit le dimensionnement sur lequel les entreprises s’engagent — la phase DCE/ACT sécurisant ensuite la cohérence des offres avec ces hypothèses.

La G2 AVP est-elle obligatoire ?

Elle le devient en zone d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles : la loi ELAN impose alors au constructeur de suivre les recommandations d’une étude géotechnique de conception (G2) ou d’appliquer les techniques constructives forfaitaires définies par arrêté.

Le mécanisme, codifié au code de la construction et de l’habitation, fonctionne en deux temps : le vendeur d’un terrain non bâti constructible fournit une étude préalable G1 ; le maître d’ouvrage la transmet aux constructeurs, qui doivent soit s’appuyer sur une G2, soit mettre en œuvre les dispositions forfaitaires. Et le périmètre concerné s’élargit : depuis le 1er juillet 2026, la nouvelle carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles classe 55 % du territoire hexagonal en zone moyenne ou forte.

Hors zones réglementées, la G2 AVP n’est pas imposée par la loi — mais elle reste l’étape qui conditionne un dimensionnement de fondations adapté au sol réel : s’en passer revient à reporter le risque géotechnique sur la suite du projet.

Qui commande et qui paie la G2 AVP ?

Le maître d’ouvrage — ou son mandataire — commande et finance la mission G2, conformément à la répartition fixée par la norme NF P94-500. Pour une maison individuelle, c’est donc celui qui fait construire, pas le vendeur du terrain.

La confusion est fréquente avec la G1, l’étude géotechnique préalable : celle-ci est due par le vendeur du terrain en zone d’exposition moyenne ou forte, tandis que la G2 relève de l’acquéreur-constructeur. Sur les opérations plus importantes, la G2 est portée par la maîtrise d’ouvrage et alimente la maîtrise d’œuvre tout au long de la conception.

Combien coûte une étude G2 AVP ?

Les fourchettes constatées sur le marché vont d’environ 1 000 à 5 000 € pour une G2 AVP, la plupart des maisons individuelles se situant entre 1 500 et 4 500 € ; une G2 PRO s’établit couramment entre 2 500 et 5 500 €.

Ces montants, issus des guides de prix publiés en 2025-2026, restent indicatifs : le coût réel dépend du nombre et de la profondeur des sondages, de l’accessibilité du terrain, de la complexité du projet et du contexte géotechnique local. Un site en pente, une nappe haute ou un aléa argiles fort alourdissent la campagne de reconnaissance — et donc la facture. Le bon réflexe n’est pas de chercher la G2 la moins chère, mais celle dont le programme d’investigations correspond réellement au projet.

Comment se déroule une mission G2 AVP ?

  1. Cadrage : analyse du projet (plans, descente de charges envisagée) et des données disponibles — étude G1, contexte géologique et aléas du site.
  2. Reconnaissance : campagne de sondages et d’essais in situ, complétée si besoin d’essais de laboratoire.
  3. Ingénierie : construction du modèle géotechnique, comparaison des principes constructifs, ébauche dimensionnelle.
  4. Rapport : rédaction du rapport de conception phase AVP, avec ses hypothèses et ses limites de validité.

Une part significative du temps de production se joue dans la dernière étape : compiler le contexte documentaire, les cartes et les annexes du rapport. C’est précisément cette compilation que GEONYX automatise dans la trame Word du bureau d’études — l’ingénierie et l’avis restant, eux, au géotechnicien (comprendre ce qui s’automatise).

FAQ

Peut-on regrouper G2 AVP et G2 PRO ? Oui, les bureaux d’études les proposent couramment ensemble lorsque le projet est déjà bien défini : une seule mobilisation de sondeuse, un enchaînement plus rapide. La phase PRO exige toutefois un projet arrêté pour produire ses notes de calcul.

La G2 AVP suffit-elle pour construire ? Non. Elle fournit une ébauche dimensionnelle destinée à orienter la conception ; le dimensionnement définitif des fondations relève de la G2 PRO, puis de l’étude d’exécution (G3).

Une G2 AVP est-elle transposable à un autre projet ? Non : l’étude est établie pour un projet et un site donnés. Un changement d’implantation, de charges ou de géométrie invalide ses conclusions — le rapport en précise les limites de validité.

Quel document reçoit-on à la fin ? Un rapport d’étude géotechnique de conception phase AVP : contexte et investigations, modèle géotechnique, hypothèses, principes constructifs envisageables et ébauche dimensionnelle.

Que se passe-t-il après la G2 AVP ? La G2 PRO fige et justifie la solution, la phase DCE/ACT encadre la consultation des entreprises, puis la G3 (étude et suivi d’exécution, côté entreprise) et la G4 (supervision, côté maître d’ouvrage) prennent le relais pendant les travaux — l’enchaînement complet est détaillé dans notre guide de la norme NF P94-500.

Sources

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