Étude de sol G1 : obligatoire, contenu, prix, validité
Par Noé Demazy · publié le
Vendre un terrain constructible en zone argileuse impose depuis la loi ELAN de fournir une étude de sol G1 — et la nouvelle carte d’exposition applicable depuis juillet 2026 vient d’élargir considérablement le périmètre concerné. Ce guide répond aux questions que se posent vendeurs, notaires et constructeurs : quand la G1 est-elle obligatoire, ce qu’elle contient exactement, la différence avec la G2, qui la paie, combien elle coûte et combien de temps elle reste valable.
Qu’est-ce qu’une étude de sol G1 ?
La G1 est l’étude géotechnique préalable définie par la norme NF P94-500 : première approche des risques géotechniques d’un site, elle se compose de deux phases — l’étude de site (ES) et les principes généraux de construction (PGC).
C’est la première marche de l’enchaînement des missions géotechniques G1 à G5. Essentiellement documentaire, elle s’appuie sur le contexte géologique et hydrogéologique du secteur, les aléas recensés et l’historique du terrain, éventuellement complétés d’investigations. Son objet : dresser le portrait géotechnique d’un terrain avant tout projet précis — c’est ce qui la distingue fondamentalement de la G2, attachée, elle, à un projet de construction donné.
L’étude de sol G1 est-elle obligatoire ?
Oui, pour vendre un terrain non bâti constructible situé en zone d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles : la loi ELAN impose au vendeur de fournir une étude géotechnique préalable, annexée à la promesse ou à l’acte de vente.
Le dispositif, issu de l’article 68 de la loi ELAN du 23 novembre 2018 et codifié au code de la construction et de l’habitation, s’applique aux ventes depuis le 1er octobre 2020 (arrêté du 22 juillet 2020, qui définit à la fois le zonage et le contenu de l’étude). Le respect de la norme NF P94-500 — mission G1, phases ES et PGC — vaut présomption de conformité.
Et le périmètre vient de changer d’échelle : depuis le 1er juillet 2026, la nouvelle carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles classe 55 % du territoire hexagonal en zone moyenne ou forte, contre 48 % auparavant. Concrètement, des terrains qui se vendaient hier sans étude en exigent une aujourd’hui — la carte se consulte à la parcelle sur Géorisques, seul le zonage infra-communal faisant foi.
En dehors de ce cas de vente, la G1 n’est pas imposée — mais elle reste le point de départ recommandé de tout projet, car elle éclaire les risques du site avant d’engager la conception.
Que contient une étude de sol G1 ?
Le rapport de G1 livre le modèle géologique du site, les principaux risques géotechniques identifiés et les principes généraux de construction à envisager — sans dimensionnement ni calcul de fondations.
Ses deux phases se complètent :
- G1 ES (étude de site) : enquête documentaire sur le cadre géotechnique — géologie, hydrogéologie, aléas recensés (argiles, cavités, mouvements de terrain, sismicité), historique du terrain — et identification des risques majeurs.
- G1 PGC (principes généraux de construction) : premières hypothèses géotechniques et famille de solutions envisageables pour réduire les risques identifiés — sans aller jusqu’à la conception.
Attention à la limite fixée par la norme : la G1 ne comporte ni ébauche dimensionnelle ni calcul de fondations. Un rapport G1 qui « préconise » des semelles à telle profondeur sort de son cadre normatif — cette réponse relève de la mission de conception.
G1 ou G2 : quelle différence ?
La G1 dresse le portrait géotechnique d’un terrain avant tout projet ; la G2 conçoit et justifie les ouvrages géotechniques d’un projet défini, avec ébauche dimensionnelle puis notes de calcul. L’une prépare la vente ou le cadrage, l’autre la construction.
C’est la confusion la plus fréquente chez les vendeurs et les acquéreurs. La règle se retient bien par les rôles : le vendeur fournit la G1 ; le maître d’ouvrage qui construit commande ensuite la G2 — dont la phase avant-projet (G2 AVP) est détaillée dans notre guide dédié — ou applique, pour une maison individuelle en zone réglementée, les techniques constructives forfaitaires prévues par arrêté.
Qui paie l’étude de sol G1, et combien coûte-t-elle ?
Le vendeur du terrain supporte le coût de la G1 exigée pour la vente. Les fourchettes constatées vont d’environ 500 à 1 200 € pour un terrain de maison individuelle.
Les guides de prix publiés en 2025-2026 situent la G1 entre 700 et 1 200 € pour les uns, 500 et 1 000 € pour les autres — selon la superficie, la région et l’accessibilité du terrain. Rapportée au prix d’un terrain constructible, c’est une assurance modeste : la même somme évitée peut coûter des dizaines de milliers d’euros de reprise en cas de désordre lié à un sol mal connu.
Quelle est la durée de validité d’une étude G1 ?
Trente ans, si aucun remaniement du sol n’a été effectué depuis sa réalisation — c’est la durée fixée par le code de la construction et de l’habitation.
L’étude est annexée à la promesse ou à l’acte authentique, reste attachée au titre de propriété du terrain et suit ses mutations successives : un terrain revendu dans les trente ans n’exige pas de nouvelle G1, sauf sol remanié entre-temps.
Comment se déroule une G1 en pratique ?
- Collecte documentaire : contexte géologique et hydrogéologique, aléas recensés, historique du site — l’essentiel de la matière d’une G1 vient du croisement des sources publiques du sous-sol.
- Analyse : identification des risques majeurs du terrain et de leurs conséquences possibles pour une construction.
- Rapport : modèle géologique, risques identifiés, principes généraux de construction, limites de validité.
Cette phase documentaire — collecter, croiser et mettre en forme les données du site — est aussi la plus répétitive à l’échelle d’un flux d’études qui augmente avec la carte 2026. C’est précisément la partie que GEONYX automatise dans la trame Word du bureau d’études, l’analyse et l’avis restant au géotechnicien.
FAQ
Qui peut réaliser une étude de sol G1 ? Un bureau d’études géotechniques travaillant selon la norme NF P94-500 — c’est le respect de cette norme (mission G1, phases ES et PGC) qui vaut présomption de conformité au sens de la réglementation.
Peut-on vendre sans G1 en zone concernée ? L’obligation pèse sur le vendeur : l’étude doit être annexée à la promesse ou à l’acte. Son absence expose à l’engagement de la responsabilité du vendeur — les notaires la réclament systématiquement.
Mon terrain est-il concerné ? Si votre commune est en zone d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles — vérifiable à la parcelle sur Géorisques. Depuis le 1er juillet 2026, 55 % du territoire hexagonal est classé dans ces zones.
La G1 suffit-elle pour construire ? Non. Elle identifie les risques et donne des principes généraux, sans dimensionner quoi que ce soit. Le constructeur doit ensuite s’appuyer sur une étude de conception (G2) ou appliquer les techniques forfaitaires réglementaires.
Une G1 est-elle exigée hors zone argileuse ? Non, la loi ne l’impose que dans les zones d’exposition moyenne ou forte — mais elle reste recommandée avant tout projet, le retrait-gonflement n’étant pas le seul risque géotechnique.
Sources
- Légifrance — Loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 (ELAN), article 68
- Légifrance — Arrêté du 22 juillet 2020 définissant le contenu des études géotechniques
- Légifrance — Code de la construction et de l’habitation, contenu et durée de validité des études géotechniques
- AFNOR — NF P94-500, Missions d’ingénierie géotechnique (novembre 2013)
- Géorisques — Retrait-gonflement des argiles, carte d’exposition 2026
- Groupe Géotec — Étude géotechnique obligatoire (étude de sol)
- Travaux.com — Prix d’une étude de sol (décembre 2025)
- Hydpoll — Tarif d’une étude de sol G1 en 2026